Mines: la crise de Friguia et la politique de valorisation des ressources minières

Mines: la crise de Friguia et la politique de valorisation des ressources minières

L’usine d’alumine de Friguia est la première de son genre en terre africaine. Dans un passé lointain, elle faisait bien la fierté de la Guinée et des Guinéens. Cette perle industrielle, du moins ce qui en était resté, est à l’arrêt depuis un an. Plusieurs raisons, certaines tangibles, et d’autres anecdotiques, ont concouru à cet état de fait, du reste déplorable.

Il y a d’abord la chute de l’aluminium primaire sur le marché international. Cette tendance qui a commencé depuis la fin de 2011 se poursuit encore de nos jours. En effet les projections du marché de l’aluminium indiquent que l’approvisionnement en aluminium primaire va excéder la demande d’environ 690.000 tonnes en 2013. En 2014, cet excédent est projeté à environ 714.000 tonnes. Une telle performance conduit éventuellement à une baisse considérable du cours du métal, phénomène qui peut aboutir à la réduction de la production et à la fermeture de certaines unités dans les cas extrêmes.

A ceci s’ajoute l’augmentation du prix du mazout sur le marché pétrolier. Il convient de préciser que l’industrie de transformation de la bauxite en alumine repose, en plus de la bauxite qui est la matière première, sur deux substances fondamentales: la soude caustique et l’énergie électrique. Dans le cadre spécifique de Friguia, le mazout qui est un produit dérivé du pétrole, est le fuel utilisé dans la centrale thermique encore appelée chaudière ou chaufferie, pour produire l’énergie électrique nécessaire au processus de transformation. Plus précisément, la chaudière comporte des bruleurs de mazout qui produisent de la chaleur qui, au contact d’un réseau complexe de tuyauterie dans lequel circule de l’eau en continu, produit de la vapeur. Celle-ci, mise sous pression, est dirigée pour faire tourner des turbines connectées à des alternateurs qui produisent enfin l’énergie électrique. Le coût élevé du mazout est un facteur de réduction, éventuellement d’arrêt des activités de production.

Un élément qui a aussi contribué à cette crise est bel et bien la vétusté des installations. En effet depuis la reprise de Friguia par Rusal, les installations n’ont pas connu d’effort massif de rénovation et de mise en état de la machinerie essentielle. Il y a donc que le vieillissement des installations ne se prête plus à une stratégie de réduction des coûts de production qui permettrait de faire tourner l’usine même au ralenti, et d’absorber ainsi les fluctuations liées au cours de l’aluminium et au prix du mazout. Dans le cadre de cette raison plutôt opérationnelle, il faut signaler qu’avant l’apparition de Rusal dans la gestion opérationnelle de l’usine de Friguia, la formation des ouvriers qualifiés de maintenance était assurée par le Centre de formation professionnelle CFP, un centre intégré au fonctionnement de l’usine et doté de cadres techniques expatriés et guinéens qualifiés. A ce que je sache, le CFP a fermé ses portes avec pour corollaire, le ralentissement voire l’absence du processus de renouvellement de la main d’œuvre qualifiée nécessaire pour assurer la disponibilité opérationnelle de l’usine.

Une autre raison qui semble être plus ou moins anecdotique serait liée à la reprise Friguia par Rusal. Certains courants de pensée attribuent l’arrêt de Friguia à la volonté manifeste de Rusal d’avoir créé toutes les conditions pour forcer Friguia à l’arrêt afin d’utiliser ce créneau et forcer la main au gouvernement guinéen pour lui attribuer le projet Dian-Dian, avec à la clé des concessions substantielles. Je dois reconnaitre que je n’ai pas d’éléments d’appréciation par rapport à cette situation anecdotique. Ce qui reste certain, Rusal qui aurait arraché le projet de développement du projet de Dian-Dian, semble subordonner le redémarrage de l’usine de Friguia au démarrage du projet minier de Dian-Dian.

Finalement, même si elle semble ne pas être la raison déterminante, la grève déclenchée par les travailleurs de Friguia, particulièrement dans une conjoncture défavorable pour l’industrie de l’aluminium, apparait comme le phénomène qui a précipité la crise qui perdure encore à Friguia. Même si le droit de grève est reconnu aux travailleurs come un véhicule de revendication légale pour l’amélioration de leurs conditions de travail, il faut avoir le courage de dire que de telles revendications syndicales doivent évaluer et accepter certaines mesures d’austérité en échange du maintien des avantages liés au fonctionnement même limité de l’usine.


Conséquences socio-économiques et politiques de la crise

Dans le contexte sociopolitique actuel, les conséquences de l’arrêt de l’usine de Friguia sont énormes, les coûts en termes réels, incalculables.

Au plan local, il y a que 120.000 âmes, qui vivent dans la ville de Fria et qui dépendaient des rémunérations issues de l’emploi de leurs pères, de leurs mères, de leurs enfants pour se nourrir, se loger et s’habiller, sont maintenant abandonnées à elles-mêmes, dans un contexte économique global paupérisant où franchement les revenus des exploitations minières n’ont encore pas eu d’impact dans leur vie.

Il y a que l’arrêt de l’usine marque aussi l’arrêt des services de fourniture d’eau et d’électricité assurée par le groupe énergétique de l’usine Friguia à la ville de Fria. Juste à titre d’illustration, une centrale thermique de 20 Mégawatts plus ou moins similaire à la taille de celle de Friguia, demande la bagatelle de 70.000.000 GNF de mazout par heure de fonctionnement. Il faut tout de suite faire remarquer que le faible niveau de recouvrement des paiements de facture d’électricité ne permet pas à EDG de soutenir des efforts de subvention de la fourniture de mazout pour un approvisionnement de la ville de Fria en eau et électricité.

Il y a aussi que l’arrêt de l’usine de Friguia exacerbe le problème crucial du chômage en Guinée en général, dans cette localité en particulier. Il en résulte des troubles sociaux des suites de l’expression parfois véhémente des frustrations d’une population désœuvrée. Les spectacles offerts par ces manifestations contribuent souvent involontairement à ternir l’image de la Guinée, en relation avec l’appréhension grandissante de la volatilité du climat des investissements.

Au niveau de l’Etat, approximativement 70% des recettes d’exportation en Guinée proviennent du secteur minier de la bauxite et de l’alumine. A en croire les données disponibles, Fria contribuerait à cet effort à hauteur de 11%. Il y a donc un sérieux manque à gagner du fait de l’arrêt de l’usine de Friguia.

Au cours des 15 dernières années, les recettes minières ont représenté en moyenne 22% des recettes globales de l’Etat Guinéen, bien en deçà de la moyenne de 40% observée dans la décennie des années 80 à 90. En dépit du faible niveau de participation de Friguia qui se chiffrerait à moins de 5%, il n’en demeure pas moins que l’arrêt de l’usine de Friguia pèsera lourdement sur les recettes minières.

Finalement, il y a les risques de déflagration sociale du fait des manifestations publiques à fort potentiel de conflit qui suscitent toujours l’intervention policière de l’Etat, que les « politiques » n’hésitent pas à récupérer pour des raisons évidentes. Malheureusement, cette atmosphère de conflit n’est pas de nature à créer un environnement politique favorable à l’instauration d’un climat de confiance et à l’attraction des capitaux nécessaires pour la mise en valeur des énormes potentialités minières de la Guinée.


Propositions de solutions élargies à la politique de valorisation des ressources minières.

Il serait utopique de penser qu’il existe une formule magique pour résoudre la crise multidimensionnelle de l’usine de Friguia. Avant de faire des suggestions de possibles solutions, je pense qu’il est nécessaire de faire un petit rappel de l’évolution historique du cadre juridique de Friguia qui à mon avis, établira le contexte des solutions à envisager, ainsi que la responsabilité et même le comportement de toutes les parties concernées par cette crise.

Au départ, l’usine d’alumine de Fria était une compagnie privée appartenant à 100 % au consortium Frialco composé de la firme américaine Olin Matheison Chemical Corporation, du groupe français Pechiney et Ugine Kuhlman, de l’anglaise British Aluminium Company, de Aluminium Suisse et de la compagnie allemande Vereinigte Aluminium. Suite à l’avenant juridique signé en 1973 par le gouvernement de la première République et le consortium Frialco, la Compagnie d’alumine de Fria fut transformée en Société d’économie mixte Friguia où l’Etat guinéen détenait 49% des actions, les 51 % restants étant répartis entre les partenaires fondateurs.

Confronté à des difficultés financières en 1998, le groupe Frialco offrit ses actions au gouvernement de la deuxième République pour la somme symbolique de 1$ US. En 2000, une demande d’assistance formulée par le gouvernement guinéen à « Reynolds Metals » déboucha sur la création de la Compagnie d’alumine de Guinée CAG, chargée de la gestion de l’usine de Friguia. Il est important de rappeler que le gouvernement guinéen avait maintenu ses droits de propriétaire de l’usine d’alumine en plus d’une participation de 15% dans la CAG.

En décembre 2002, Reynolds cède ses actions à « Rusal », le géant russe et leader mondial de l’aluminium qui en devient l’opérateur. Enfin en avril 2006, Rusal achète les droits de propriétaire de l’usine de Friguia ainsi que les 15% des actions appartenant au gouvernement guinéen, dans des conditions opaques décriées qui méritent d’être élucidées pour le plus grand bien de la nation. C’est donc dire que depuis avril 2006, Rusal est le propriétaire légal et juridique à 100% de l’usine de Friguia, confrontée aujourd’hui à une crise aigüe.

A mon analyse, les propositions de sortie de crise doivent tenir compte de cette réalité juridique dans le cadre de l’usine de Friguia, même si elles doivent garder un œil attentif et une vision pour le long terme. Pour le gouvernement guinéen, les propositions de solution à la crise de Friguia doivent aussi s’inscrire dans la logique d’une stratégie adéquate et d’une politique minière cohérente dans la mise en route de l’ensemble des projets miniers en gestation. Mon souhait serait que celles qui suivent fassent de la crise de Friguia une plateforme pour l’élargissement du débat sur la mise en valeur des ressources minières de la Guinée.

1 Subordonné à l’existence d’un cadre juridique favorable, le gouvernement guinéen devrait renégocier avec Rusal la possibilité d’une rétrocession, même partielle au gouvernement guinéen des actifs vendus à Rusal en 2006. Par l’entremise des éminents avocats dont elle peut s’offrir les services, Rusal jouit à mon avis d’une position juridique suffisamment solide pour ne pas être inquiétée par une quelconque menace de poursuite judiciaire. La méthode forte ne semble donc pas appropriée dans ce cas d’espèce. Au terme d’une négociation réussie, le gouvernement rechercherait alors de nouveaux partenaires pour boucler le financement du redémarrage de Friguia, le découplant ainsi du démarrage du projet minier de Dian-Dian qui semble être la voie privilégiée par Rusal.


2-
Parallèlement à cette initiative, je propose que le gouvernement impose un moratorium sur la construction de nouvelles unités minières dans le secteur de la bauxite et de l’alumine, jusqu’à la complétion du barrage hydro-électrique de Kaleta dont les travaux semblent progresser à une allure relativement satisfaisante. Trois raisons supportent cette proposition:

  1. Avec une puissance installée de l’ordre de 240 MW, et en supposant que sa gestion opérationnelle sera « professionnalisée », le barrage hydro-électrique de Kaleta permettra au gouvernement guinéen de résoudre le problème crucial du manque d’électricité à travers un réseau d’interconnexion en Guinée et de satisfaire ses obligations dans le cadre des organisations sous-régionales et régionales comme l’OMVG, la Mano River Union et la CEDEAO.
  2. La finition du barrage de Kaleta permettra au gouvernement guinéen de disposer de la puissance énergétique nécessaire à l’industrie de transformation de la bauxite en alumine et même de l’alumine en aluminium. Un seul Kaleta peut supporter un minimum deux unités de la dimension de Fria et une raffinerie d’aluminium de 100.000 tonnes de capacité annuelle et posséder un excédent de puissance énergétique pour satisfaire la consommation domestique et dans une certaine mesure, les obligations sous-régionales de la Guinée.
  3. Avec l’exécution du barrage de Kaleta, et en interconnexion avec d’autres centrales hydro-énergétiques en projet, la Guinée sera en position de force pour négocier et vendre de l’énergie électrique aux unités industrielles minières. Cette nouvelle donnée qui amplifie l’attractivité des ressources minières, allégera non seulement les dépenses d’investissement dans les nouveaux projets, mais aussi et surtout entrainera la réduction substantielle des coûts de production avec l’élimination des coûts d’approvisionnement en mazout et avec elle, l’élimination des transferts injustes de prix que beaucoup de compagnies pratiquent astucieusement sur l’échelle verticale de la création de la valeur ajoutée.


3-
Rusal pourrait être unilatéralement amenée à envisager le redémarrage de l’usine de Friguia en dehors des deux premières suggestions. Cette option appelle la nécessité, je dirai même l’impérieuse nécessité de faire une expertise technique de l’usine en vue d’évaluer et procéder à la rénovation des équipements vétustes et au besoin de procéder à des travaux de modernisation. Pour les besoins de la cause et à titre purement indicatif:

  1. La chaudière ou chaufferie qui produit l’énergie électrique nécessaire au fonctionnement de l’usine n’est pas conçue pour être en arrêt prolongé sans exposer le réseau complexe tuyauterie interne et les bruleurs à des risques de fuite de vapeur et de mazout au redémarrage.
  2. Selon que l’arrêt de l’usine se fît par un scénario opérationnel contrôlé ou pas, les décomposeurs qui sont les gros réservoirs de 20 – 30 m de haut dans lesquels l’alumine précipite, ne doivent non plus pas être arrêtés sans avoir été vidés de leur contenu d’alumine en émulsion. Ces mêmes dispositions s’appliquent aux décanteurs et aux laveurs à contre-courant. Dans le cas contraire, un travail manuel excessivement coûteux devra précéder une quelconque expertise et les travaux de réparation et de modernisation.
  3. D’importants travaux de maintenance et de rénovation éventuelle sont aussi à entreprendre au niveau des concasseurs et broyeurs, des cuves d’attaque, des filtres (côté rouge et côté blanc), des fours de calcination de l’alumine ainsi que des installations de contrôle et régulation.

Dans le pire scénario, la durée optimale d’une telle expertise assortie de maintenance et de modernisation éventuelle peut varier entre un et trois ans, avec un devis estimatif minimum qui se situe entre 50 -100 millions $US. Rusal serait favorable à une telle approche dont elle voudrait subordonner l’exécution au démarrage du projet minier de Dian-Dian. Rusal aurait déjà empoché le contrat du projet Dian-Dian dans une version qui ne prévoit nullement une production intégrée à la verticale pour transformer la bauxite en alumine dans les premières années de son fonctionnement. Si l’absence de la clause de production intégrée se confirmait, rien n’empêchera alors Rusal de se limiter à la simple extraction de bauxite pour l’exporter dans ses usines d’alumine situées en Ukraine, privant ainsi toute la Guinée des retombées socio-économiques de l’échelle de transformation verticale. Il en a été ainsi depuis plus d’un demi-siècle d’existence de la nation guinéenne.

A ce que je sache, les études détaillées d’engineering du projet minier de Dian-Dian ne sont pas faites. En supposant que cette étude puisse être accélérée et le financement rapidement bouclé sur fonds propres par Rusal, la construction d’une usine d’alumine d’une capacité de 1,2 millions de tonnes prendra un minimum de trois ans. Si techniquement il est acceptable de coupler le redémarrage de l’usine Friguia au démarrage du projet Dian-Dian, le gouvernement ne devrait pas permettre à Rusal de concentrer uniquement ses efforts sur Dian-Dian au détriment de Friguia dont la reprise accroitra la capacité de production d’alumine en Guinée. Je souhaite que le gouvernement revisite le contrat du projet Dian-Dian signé avec Rusal, pour exiger l’inclusion d’une clause obligatoire de transformation verticale de la bauxite en alumine, ce dès le démarrage des travaux. Cette stratégie de développement aura beaucoup plus d’impact, surtout en prévision de la fourniture d’énergie électrique provenant du barrage hydro-électrique de Kaleta.

4 En élargissant le débat je dirai que la stratégie de développement minier du gouvernement devrait être axée sur la création de la valeur ajoutée qui seule peut avoir un impact positif sur le développement socio-économique de la Guinée. J’omettrai ici la problématique de la gestion des valeurs créées qui est un problème de gouvernance, donc politique, pour me concentrer pour le moment et prioritairement sur la création de ces valeurs :

  1. La première étape de ce processus c’est l’intégration transversale des ressources que la nature a mises à la disposition de la Guinée sous forme de ressources en eau, de ressources minières, de ressources énergétiques et qui forment la fondation dont le développement supportera la croissance macroéconomique du pays.
  2. La deuxième étape de ce processus et la plus importante, privilégie la transformation sur place et par étape des ressources naturelles de manière à leur conférer une plus grande valeur. Dans le cadre des projets miniers de bauxite, la création de la valeur ajoutée à la verticale passe par la transformation sur place de la bauxite en alumine et en aluminium. Elle nécessite la construction d’usines d’alumine et d’aluminium qui créent ainsi des milliers d’emplois directs contribuant ainsi à la résorption du chômage, endémique de nos jours.
  3. Dans un processus adjacent, ce sont des villes nouvelles qui se créent pour abriter des populations dont la diversité des activités débouchera impérativement sur la création d’un nombre encore plus important d’emplois indirects. Il en est ainsi pour chaque étape de la chaine verticale de transformation.

A mon avis, le gouvernement guinéen devrait donc viser des unités industrielles intégrées et ne pas simplement avaliser l’extraction et l’exportation de la bauxite à l’état brut. Dans le contexte actuel, une telle stratégie s’aligne parfaitement avec la réalisation du barrage hydro-électrique de Kaleta, ainsi que celle d’autres entités similaires en projet.

5 Dans un cadre encore plus élargi, le gouvernement guinéen dans sa politique minière, devrait cesser de considérer le développement des mines comme une question purement commerciale. Si besoin en est, cette approche a fait ses preuves et les résultats étalés tout au long des cinquante dernières années sont suffisamment évocateurs pour être énumérés. A ce titre, il me semble plus accommodant de me limiter aux observations suivantes :

  1. Un projet minier est un ensemble d’activités techniques complexes qui doivent d’abord être « techniquement » bien ficelées pour permettre au dit projet d’être exécuté dans les normes requises pour enfin produire des biens dont la commercialisation devra générer des revenus, bénéfices, dividendes, etc.
  2. L’exécution d’un projet minier exige une discipline rigoureuse de suivi du projet dans sa conception, son élaboration, sa mise en chantier, son exécution et sa gestion. Dans le cadre spécifique de la Guinée, il est honteux de constater que les institutions que l’on crée souvent pour les adapter à des hommes au lieu de l’inverse, ne sont pas suffisamment outillées pour soutenir tout le professionnalisme méticuleux nécessaire à ce travail de suivi.
  3. Dans l’alignement des solutions politiques, il ne suffit pas pour le gouvernement d’obtenir des avantages certains sur papier fussent-ils énumérés dans un code minier ou dans des contrats. Il s’agit à mon sens de démontrer la discipline et la rigueur professionnelles exigées par le suivi et l’application des clauses du code minier et des dits contrats. Ceci passe par une restructuration de la cellule gouvernementale chargée de la gestion des ressources minières.

Il est extrêmement important pour le gouvernement guinéen de se convaincre que certaines grandes compagnies minières qui pourraient bien être représentées sur le terrain de la concurrence autour des grandes potentialités minières de la Guinée, possèdent toute l’expertise technique pour pratiquer de la manipulation comptable aux fins de dissimuler leurs bénéfices réels par le phénomène astucieux de transfert des prix. Cette dissimulation n’est pas une simple question d’arithmétique ou de simple comptabilité. C’est une question profondément technique d’intégrité des chiffres souvent dissimulés dans les chainons de transformation incorporés à des processus technologiques complexes. C’est à ce niveau technique que se trouve la solution du problème de suivi dans la conception, la gestion et le contrôle de la création des valeurs.


Edouard Zoutomou Kpoghomou, Ph.D.
Président de l’UDRP

Voici la plume d’un vrai phd,vous etes une source d’inspiration, ce pays a besoin des cadres d’un telle grandeur; enfin,voici, le genre de plume,que le site devrait encourager!!.

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